Mercredi 11 novembre 2009
En cherchant un CV anglais dans mes textes, hier, j'ai touvé un texte que j'avais écrit dans ma grande période punk. En le relisant j'ai été herureusement surprise de voir que mes idées n'avaient
pas changées. Juste une agressivité et une rancoeur tournée plus vers un système en général, et certainement pas aussi égocentrique qu'à cette époque difficile de ma vie où je me faisais insulter
dans la rue en sortant du lycée. Je m'en bat surement plus ouvertement les couilles qu'à l'époque ! Je suis passée de punk à saltimbanque, la belle affaire... On peut dire que j'ai atteint mon
objectif en faisant rire les gens ! Hey ouais, je suis le lutin qui vient en roller à la fac, et qui jongle pendant la pause. Dans un univers où l'odeur de la beu te défonce quand tu vas pour
prendre ton sandwitch, j'ai surement plus ma place qu'en terminale S à Charles-de-Foucauld...
Je finirais juste mon analyse avec mon éternel rengaine de bretonne : ils sont où les jongleurs, et les hippies ??!! J'ai des super potes mais ça fait un bail que j'ai pas fini au hasard de ma cuite ou de ma défonce à jouer de la musique dans un parc en pleine nuit, par des températures négatives ! Héhé ! Hey ouais, j'ai beau dire que je me calme sur l'alcool, le feu et la fumette, je reste une putain de saltimbanque... Entre temps j'ai aussi appris à m'amuser (même si je ne recommenderai jamais à personne de faire comme moi. Chuis grave abusée parfois).
Putain y'a des trucs dont j'ai trop honte avec le recul dans ce texte... C'est utra-égocentrique, tout de même,e t puis l'histoire de la basse... ça fait un peu excuse, non ? J'en sais rien et je m'en branle, au final grâce à elle j'ai repris la musique et maintenant je m'éclate haha !
Le texte en question :
Aliénation
Je viens d'avoir une révélation intensément affreuse et globalement plus qu'effrayante. La routine... N'est-ce pas une chose terrifiante ?! Imaginez... Je ne suis plus lycéenne depuis quelques heures et je me rends compte que jusqu'ici ma vie n'a été qu'une succession d'événements tous aussi semblables les uns que les autres. Grandes vacances, travail. Au début ça va, tu n 'attends pas avec impatience les prochaines vacances, mais arrivé au milieu de l'année ta vie se résume à ça : « vivement les vacances » comme le répète tant et si bien un de mes amis. Et une fois en vacance d'été, qu'est-ce qu'on fait ? On se dit « c'est chouette ! » On déconne pendant un mois. Puis le deuxième mois arrive et c'est déjà moins drôle. On déconne encore, mais on a la nette impression de toujours déconner de la même manière, routinement.... Puis reviennent les cours. Et on se dit que c'était bien, les vacances. On oublie qu'on s'était emmerdé, qu'on avait presqu'eu hâte d'utiliser nos cahier neufs et nos crayons neufs, de retrouver nos copains déjà beaucoup moins neufs et notre bahut tout aussi pourri. Et on attend les prochaines vacances...
Notre vie, va-t-elle se résumer à ça ?! Non, bien sûr, ce sera travail, fin de mois difficile, trouver du fric, vacances courtes, boulot, trouver encore du fric... Et la saveur ? Grise, molle, aussi éphémère que les produits de consommation programmés pour tomber en panne au bout de 20 utilisations. Finalement c'est comme l'amour, la saveur? Ça vient, ça inonde, ça dévaste et quand le temps passe, ça devient gris et ça disparaît.
Moi, je ne veux pas de ça. C'est pourquoi j'ai fermement décidé que je serais un boulet pour la société. Vous savez, ces gens inutiles parce que la seule chose qu'ils consomment, c'est des légumes bio, des tubes de peintures, des pinceaux et des feuilles. Je crois comprendre tous ces artistes de rue que l'on m'a appris à regarder tristement, me répétant « c'est pas pour toi.... Tu veux dormir dans la rue comme les monsieur bizarres avec des chiens, ou ceux avec leur bouteille de vin ? » « Non, maman, je veux dessiner, et j'ai pas besoin d'être un punk à chien pour ça, tu sais ? ». C'est pourquoi, je veux continuer à être un boulet.
J'ai une mentalité inutile, puisque réfractaire à la société de consommation (affreux, n'est-ce pas ?), je suis trop tolérante et les gens bizarres aux moeurs « douteuses » ne me dérangent nullement. L'amour, c'est une des seules choses encore capable de nous émouvoir, actuellement, alors quel qu'il soit, il mérite d'être glorifié. Plus tard, je serai boulet professionnel, armée d'un pinceau, d'un crayon, d'une grande gueule, peut-être toujours d'une touffe de cheveux rouges et sans un sou. Mes vêtements seront toujours des vêtements récupérés avec des gens qui n'en veulent plus, ou fabriqué à la main, mes chaussures seront toujours peintes et ornées d'épingles à nourrices, j'aurai toujours un sourire désabusé, une démarche de cow boy et je ne fermerai pas ma gueule. Do It Yourself. « Un punk qui se tait est un punk mort. » Je ne sais pas si je peux me considérer comme un punk, je ne sais pas ce que les punks se prétendent être alors je ne tenterai pas de m'autoproclamer comme tel. Mais l'anarchie, ce serait l'idéal, la liberté, la tolérance... Et la disparition de ces connards qui n'ont que le profit en tête. Je ne veux pas d'une vie monotone, je ne veux pas être quelqu'un parmi les autres, un consommateur gentil qui sourit au président et lui dit bonjour lorsqu'il passe avec un sourire triomphant. Je ne veux pas m'aplatir et servir de paillasson. Je ne suis pas un paillasson. Une carpette, d'accord, mais pas un paillasson.
Enfin, pour, l'instant, la seule chose que je veux, c'est des sous pour acheter une basse. Ça peut paraître extrêmement contradictoire avec ce que je viens de proclamer avec force et détermination mais je le dit avec tout autant de force : j'aurai mon ampli et ma basse parce que les gens ne m'écouterons que si je les force à m'écouter. Travailler dans le but de s'acheter une basse, c'est pas de la consommation, vouloir une basse parce que c'est hypra-top-branché et que la nouvelle elle est mieux que la mienne, ça, c'est de la consommation. Enfin après tout, traitez-moi de tous les noms, insultez-moi, crachez-moi dessus, piétinez-moi, je suis habituée de toute manière...
La société à un problème, non ? On a tous un problème, non ? Est-ce qu'il faut être un peu fou comme moi pour se rendre compte de ce qui se passe ? Ou bien suffit-il d'avoir le courage d'y réfléchir, de le regarder bien en face et d'ouvrir grand sa gueule pour dire : « les humains, c'est des connards. » Vous, moi, eux, on est tous des connards. En laissant cet ordi allumé pour tenter de faire passer mon message, je suis une pétasse qui pourrit la planète. Et vous en laissant le votre pour me lire, vous êtes tout aussi stupide que moi, non ? La planète, elle crève. On est en train de déclencher peut-être la plus grosse crise qui n'ait jamais existé, supérieure même à celle du crétacé-tertiaire ! Et les politiciens, qu'est-ce qu'ils en font ? Ils signent le traité de Tokyo, ils se regardent le nombril et refont leur compte avant de décider que tenter de sauver la planète leur reviendrait trop cher. Y'a pas un problème, là ?! Non ? Vous mettez pas le doigts dessus ? Ou bien ce qui vous emmerde c'est que je mette le doigt dessus sans donner de solution... y'en a une.... Devenons des schtroumpfs et pratiquons le troc et le commerce équitable. Ça sert à quelque chose, sérieusement, tout ce fric ? Ça ne serait pas bien plus intelligent de pratiquer le troc ? Non, bien sûr, l'humain est trop con, y'aurait encore des gens pour en anarquer d'autres.
Alors moi, je vous dit merde. La pluie frappe sur mes carreaux, la musique est éteinte et moi je vais finir par me tuer à force de réfléchir de cette manière. Je serai un boulet d'anarcho-écolo-artiste. Je parlerais une langue inutile, je ferais des dessins inutiles et le monde me regardera de haut en disant à ses enfants que devenir comme moi, c'est mal. Mais je m'en foutrais, parce qu'avec mon travail, j'aurais fait sourire de gens, j'aurais fait briller le regard d'un enfant et peut-être que certains auront un peu réfléchi ? Ou peut-être que je me serais faite avaler par ce système de fric et d'achat. Peut-être que je serais à la toute dernière mode, que j'écouterai la même musique que les autres, que j'aurai un mari avec des enfants premiers de la classe et une super télé dernier cri ? Peut-être que je retomberai alors sur ce texte et que je me trouverai stupide d'avoir pensé comme ça...
Il paraît que c'est une crise de jeunesse et que ça passe.... J'ai mal, des fois j'ai envie de mourir pour tout arrêter, d'autre fois j'ai envie de rentrer façon tornade dans l'élysée, sortir des tubes de peintures et barbouiller tous ces gens qui nous dirigent en clown avant de les faire exécuter une danse du ventre, d'autre fois je souhaite simplement tout leur envoyer dans la gueule, comme ça, avec une bonne tarte (même si je suis à priori pacifiste). Souvent, je réalise tout en bloc d'un coup et je me sens bizarre, aliénée. Et j'ai mal et je veux que ça s'arrête. Mais je dois être un peu maso. Je ne veux pas oublier tout ça, je veux continuer à être lucide, même si je dois avoir mal mal mal et pleurer chaque soir toutes les larmes de mon corps sur le carton qui sera ma maison.
Mais allez tous vous faire voir... Ce monde est pourri et corrompu. Peut-être qu'il y aura un imbécile pour m'envoyer au tribunal pour insulte généralisée. Et bien je l'emmerde, la justice. Je ne suis pas toujours d'accord avec elle, et je le suis encore moins avec ce principe qui est de faire passer tout le monde en justice pour un oui ou pour un non. C'est facile, hein, de reporter toujours la faute sur les autres ? Oh oui ! C'est facile, d'accuser sans se regarder ! C'est facile de décharger toute les responsabilités sur le dos des autres.! Ça vous coûte juste du fric, et de toutes façons c'est vous qui remporterez le procès. Parce que je suis une conne, une anormale, une bizarre, une folle, que je dis « Fuck the system » et « no future », parce que je suis une carpette aux cheveux rouges, que je suis une simple plus lycéenne, pas encore étudiante, que je me bat avec un crayon, que je souris aux grand-mères dans la rue, parce que j'aime les filles, et que j'aime les mecs aussi, parce que moi je troc un dessin contre un sourire et que je vous emmerde. Et que c'est le but. Parce que j'ai pas les mêmes idées que tout le monde, pas les même goûts que tout le monde et pas les mêmes fringues.
Je veux être un boulet, parce que si être moi, c'est être différent, c'est bien. Si être moi c'est faire partie de la tranche inutile de la population, c'est bien aussi. J'ai pour vocation d'être inutile et de dire que c'est sans doute mieux que d'être utile et gâcher sa vie dans la routine. Vous vous êtes jamais demandé pourquoi les japonais avez le taux de suicide le plus élevé au monde ? Alors, il est beau le formatage, hein ?
Mon dernier jour de bac, et 12 minutes du lendemain.
Pour continuer dans mon délire restropectif, un dessin (récent) de moi à l'époque !
A l'époque une des premières questions qu'on me posait était en général "T'es lesbienne ?". Etonnant, non ?
Et puis une musique pour rester dans l'ambiance rebellitude (qui n'est pas fake, j'ai une haine continuelle envers le système). Mais pas l'ambiance punk, parce que c'est pas mon délire de la soirée ! Mon trip de la soirée c'est MAP (Ministère des Affaires Populaires), que j'ai lamentablement raté aux charrues (trop à l'Ouest sans doute).
Je finirais juste mon analyse avec mon éternel rengaine de bretonne : ils sont où les jongleurs, et les hippies ??!! J'ai des super potes mais ça fait un bail que j'ai pas fini au hasard de ma cuite ou de ma défonce à jouer de la musique dans un parc en pleine nuit, par des températures négatives ! Héhé ! Hey ouais, j'ai beau dire que je me calme sur l'alcool, le feu et la fumette, je reste une putain de saltimbanque... Entre temps j'ai aussi appris à m'amuser (même si je ne recommenderai jamais à personne de faire comme moi. Chuis grave abusée parfois).
Putain y'a des trucs dont j'ai trop honte avec le recul dans ce texte... C'est utra-égocentrique, tout de même,e t puis l'histoire de la basse... ça fait un peu excuse, non ? J'en sais rien et je m'en branle, au final grâce à elle j'ai repris la musique et maintenant je m'éclate haha !
Le texte en question :
Aliénation
Je viens d'avoir une révélation intensément affreuse et globalement plus qu'effrayante. La routine... N'est-ce pas une chose terrifiante ?! Imaginez... Je ne suis plus lycéenne depuis quelques heures et je me rends compte que jusqu'ici ma vie n'a été qu'une succession d'événements tous aussi semblables les uns que les autres. Grandes vacances, travail. Au début ça va, tu n 'attends pas avec impatience les prochaines vacances, mais arrivé au milieu de l'année ta vie se résume à ça : « vivement les vacances » comme le répète tant et si bien un de mes amis. Et une fois en vacance d'été, qu'est-ce qu'on fait ? On se dit « c'est chouette ! » On déconne pendant un mois. Puis le deuxième mois arrive et c'est déjà moins drôle. On déconne encore, mais on a la nette impression de toujours déconner de la même manière, routinement.... Puis reviennent les cours. Et on se dit que c'était bien, les vacances. On oublie qu'on s'était emmerdé, qu'on avait presqu'eu hâte d'utiliser nos cahier neufs et nos crayons neufs, de retrouver nos copains déjà beaucoup moins neufs et notre bahut tout aussi pourri. Et on attend les prochaines vacances...
Notre vie, va-t-elle se résumer à ça ?! Non, bien sûr, ce sera travail, fin de mois difficile, trouver du fric, vacances courtes, boulot, trouver encore du fric... Et la saveur ? Grise, molle, aussi éphémère que les produits de consommation programmés pour tomber en panne au bout de 20 utilisations. Finalement c'est comme l'amour, la saveur? Ça vient, ça inonde, ça dévaste et quand le temps passe, ça devient gris et ça disparaît.
Moi, je ne veux pas de ça. C'est pourquoi j'ai fermement décidé que je serais un boulet pour la société. Vous savez, ces gens inutiles parce que la seule chose qu'ils consomment, c'est des légumes bio, des tubes de peintures, des pinceaux et des feuilles. Je crois comprendre tous ces artistes de rue que l'on m'a appris à regarder tristement, me répétant « c'est pas pour toi.... Tu veux dormir dans la rue comme les monsieur bizarres avec des chiens, ou ceux avec leur bouteille de vin ? » « Non, maman, je veux dessiner, et j'ai pas besoin d'être un punk à chien pour ça, tu sais ? ». C'est pourquoi, je veux continuer à être un boulet.
J'ai une mentalité inutile, puisque réfractaire à la société de consommation (affreux, n'est-ce pas ?), je suis trop tolérante et les gens bizarres aux moeurs « douteuses » ne me dérangent nullement. L'amour, c'est une des seules choses encore capable de nous émouvoir, actuellement, alors quel qu'il soit, il mérite d'être glorifié. Plus tard, je serai boulet professionnel, armée d'un pinceau, d'un crayon, d'une grande gueule, peut-être toujours d'une touffe de cheveux rouges et sans un sou. Mes vêtements seront toujours des vêtements récupérés avec des gens qui n'en veulent plus, ou fabriqué à la main, mes chaussures seront toujours peintes et ornées d'épingles à nourrices, j'aurai toujours un sourire désabusé, une démarche de cow boy et je ne fermerai pas ma gueule. Do It Yourself. « Un punk qui se tait est un punk mort. » Je ne sais pas si je peux me considérer comme un punk, je ne sais pas ce que les punks se prétendent être alors je ne tenterai pas de m'autoproclamer comme tel. Mais l'anarchie, ce serait l'idéal, la liberté, la tolérance... Et la disparition de ces connards qui n'ont que le profit en tête. Je ne veux pas d'une vie monotone, je ne veux pas être quelqu'un parmi les autres, un consommateur gentil qui sourit au président et lui dit bonjour lorsqu'il passe avec un sourire triomphant. Je ne veux pas m'aplatir et servir de paillasson. Je ne suis pas un paillasson. Une carpette, d'accord, mais pas un paillasson.
Enfin, pour, l'instant, la seule chose que je veux, c'est des sous pour acheter une basse. Ça peut paraître extrêmement contradictoire avec ce que je viens de proclamer avec force et détermination mais je le dit avec tout autant de force : j'aurai mon ampli et ma basse parce que les gens ne m'écouterons que si je les force à m'écouter. Travailler dans le but de s'acheter une basse, c'est pas de la consommation, vouloir une basse parce que c'est hypra-top-branché et que la nouvelle elle est mieux que la mienne, ça, c'est de la consommation. Enfin après tout, traitez-moi de tous les noms, insultez-moi, crachez-moi dessus, piétinez-moi, je suis habituée de toute manière...
La société à un problème, non ? On a tous un problème, non ? Est-ce qu'il faut être un peu fou comme moi pour se rendre compte de ce qui se passe ? Ou bien suffit-il d'avoir le courage d'y réfléchir, de le regarder bien en face et d'ouvrir grand sa gueule pour dire : « les humains, c'est des connards. » Vous, moi, eux, on est tous des connards. En laissant cet ordi allumé pour tenter de faire passer mon message, je suis une pétasse qui pourrit la planète. Et vous en laissant le votre pour me lire, vous êtes tout aussi stupide que moi, non ? La planète, elle crève. On est en train de déclencher peut-être la plus grosse crise qui n'ait jamais existé, supérieure même à celle du crétacé-tertiaire ! Et les politiciens, qu'est-ce qu'ils en font ? Ils signent le traité de Tokyo, ils se regardent le nombril et refont leur compte avant de décider que tenter de sauver la planète leur reviendrait trop cher. Y'a pas un problème, là ?! Non ? Vous mettez pas le doigts dessus ? Ou bien ce qui vous emmerde c'est que je mette le doigt dessus sans donner de solution... y'en a une.... Devenons des schtroumpfs et pratiquons le troc et le commerce équitable. Ça sert à quelque chose, sérieusement, tout ce fric ? Ça ne serait pas bien plus intelligent de pratiquer le troc ? Non, bien sûr, l'humain est trop con, y'aurait encore des gens pour en anarquer d'autres.
Alors moi, je vous dit merde. La pluie frappe sur mes carreaux, la musique est éteinte et moi je vais finir par me tuer à force de réfléchir de cette manière. Je serai un boulet d'anarcho-écolo-artiste. Je parlerais une langue inutile, je ferais des dessins inutiles et le monde me regardera de haut en disant à ses enfants que devenir comme moi, c'est mal. Mais je m'en foutrais, parce qu'avec mon travail, j'aurais fait sourire de gens, j'aurais fait briller le regard d'un enfant et peut-être que certains auront un peu réfléchi ? Ou peut-être que je me serais faite avaler par ce système de fric et d'achat. Peut-être que je serais à la toute dernière mode, que j'écouterai la même musique que les autres, que j'aurai un mari avec des enfants premiers de la classe et une super télé dernier cri ? Peut-être que je retomberai alors sur ce texte et que je me trouverai stupide d'avoir pensé comme ça...
Il paraît que c'est une crise de jeunesse et que ça passe.... J'ai mal, des fois j'ai envie de mourir pour tout arrêter, d'autre fois j'ai envie de rentrer façon tornade dans l'élysée, sortir des tubes de peintures et barbouiller tous ces gens qui nous dirigent en clown avant de les faire exécuter une danse du ventre, d'autre fois je souhaite simplement tout leur envoyer dans la gueule, comme ça, avec une bonne tarte (même si je suis à priori pacifiste). Souvent, je réalise tout en bloc d'un coup et je me sens bizarre, aliénée. Et j'ai mal et je veux que ça s'arrête. Mais je dois être un peu maso. Je ne veux pas oublier tout ça, je veux continuer à être lucide, même si je dois avoir mal mal mal et pleurer chaque soir toutes les larmes de mon corps sur le carton qui sera ma maison.
Mais allez tous vous faire voir... Ce monde est pourri et corrompu. Peut-être qu'il y aura un imbécile pour m'envoyer au tribunal pour insulte généralisée. Et bien je l'emmerde, la justice. Je ne suis pas toujours d'accord avec elle, et je le suis encore moins avec ce principe qui est de faire passer tout le monde en justice pour un oui ou pour un non. C'est facile, hein, de reporter toujours la faute sur les autres ? Oh oui ! C'est facile, d'accuser sans se regarder ! C'est facile de décharger toute les responsabilités sur le dos des autres.! Ça vous coûte juste du fric, et de toutes façons c'est vous qui remporterez le procès. Parce que je suis une conne, une anormale, une bizarre, une folle, que je dis « Fuck the system » et « no future », parce que je suis une carpette aux cheveux rouges, que je suis une simple plus lycéenne, pas encore étudiante, que je me bat avec un crayon, que je souris aux grand-mères dans la rue, parce que j'aime les filles, et que j'aime les mecs aussi, parce que moi je troc un dessin contre un sourire et que je vous emmerde. Et que c'est le but. Parce que j'ai pas les mêmes idées que tout le monde, pas les même goûts que tout le monde et pas les mêmes fringues.
Je veux être un boulet, parce que si être moi, c'est être différent, c'est bien. Si être moi c'est faire partie de la tranche inutile de la population, c'est bien aussi. J'ai pour vocation d'être inutile et de dire que c'est sans doute mieux que d'être utile et gâcher sa vie dans la routine. Vous vous êtes jamais demandé pourquoi les japonais avez le taux de suicide le plus élevé au monde ? Alors, il est beau le formatage, hein ?
Mon dernier jour de bac, et 12 minutes du lendemain.
Pour continuer dans mon délire restropectif, un dessin (récent) de moi à l'époque !
A l'époque une des premières questions qu'on me posait était en général "T'es lesbienne ?". Etonnant, non ?
Et puis une musique pour rester dans l'ambiance rebellitude (qui n'est pas fake, j'ai une haine continuelle envers le système). Mais pas l'ambiance punk, parce que c'est pas mon délire de la soirée ! Mon trip de la soirée c'est MAP (Ministère des Affaires Populaires), que j'ai lamentablement raté aux charrues (trop à l'Ouest sans doute).
